Regards complices

Entre Louis Armstrong et Billie Holiday, il s’est passé quelque chose ce jour-là. Les regards complices, exprimant à la fois tendresse et admiration, en disent long sur l’appréciation qu’ils ont l’un de l’autre.

La vidéo a beau être extraite du film New Orleans d’Arthur Lubin (1947), la performance dépassait le jeu d’acteurs. Une vraie émotion était présente sur le plateau.

Le flamboyant Satchmo et la superbe Lady Day se trouvaient indéniablement sur la même longueur d’ondes : The Blues are Brewing !


Un conseil de Bachar el-Assad : choisissez un bon mot de passe !

Mince alors ! On m’a piégé ! Ces salauds de Anonymous ! Ils ont découvert mon mot de passe. J’en avais pourtant choisi un qui ne figurait pas dans la liste des 25 pires mots de passe publiée par SplashData.

Le pire mot de passe est password et le second plus mauvais est 123456. Le mien était 12345. Qui aurait pu deviner que j’avais un mot de passe pire que les pires?

On ne m’y reprendra plus. J’ai déjà changé mon mot de passe. C’est maintenant 54321 !


Quand les Suisses font leur jazz


Je viens de m’apercevoir que, mine de rien, les Suisses sont très jazz. Coup sur coup, je tombe sur plusieurs radios suisses exclusivement consacrées au jazz.

La première est Radio Swiss Jazz, une station publique –excusez du peu– qui diffuse du jazz 24 heures sur 24, pour le plus grand bien de nos oreilles. Une radio qui se veut participative puisque les auditeurs peuvent faire partie d’un jury qui évalue douze pièces par semaine et que tout auditeur peut évaluer le morceau qu’il écoute. Par ailleurs, Radio Swiss Jazz sonde régulièrement le public en soumettant plusieurs centaines de morceaux à un échantillon de 120 fans du jazz. Tout cela permet d’établir une programmation vairiée qui accorde une place de choix au jazz mainstream, au blues, à la soul et aux rythmes sud-américains.

Swissradio-modernjazz-162Swissradio-jazz-162

L’autre radio suisse qui diffuse du jazz 24 heures sur 24 s’appelle tout simplement Swiss Radio. Il s’agit d’une radio privée non commerciale qui diffuse des musiques de niche sur plusieurs canaux, sans publicité. Parmi ceux-ci, un canal dédié au Modern Jazz et un autre au Public Domain Jazz. Ce dernier canal n’est pas le moins intéressant puisqu’il ne diffuse que des musiques entrées dans le domaine public, en l’ocurrence du vieux jazz antérieur aux années 50, avec quelques raretés. Si vous aimez la musique du film Radio Days de Woody Allen, elle deviendra vite votre station préférée !

Les deux radios s’appuient sur un travail d’archives qui fera le bonheur des amateurs et collectionneurs. Leur site web respectif est bourré d’informations relatives à l’histoire et aux acteurs du jazz.

Il n’y a donc aucune excuse pour les jazzophiles : où que vous soyez dans le monde, ces radios suisses peuvent être écoutées en ligne sur ordinateur, iPad, iPhone, Android ou tout autre appareil équipé de wifi.


Une image vaut mieux que mille articles de Wikipedia

histoire de l'art
Vous peinez lorsqu’on vous parle d’impressionnisme, d’expressionnisme, de fauvisme, de dadaïsme, de surréalisme ? Vous n’avez jamais entendu parler de futurisme, encore moins de suprématisme ? Qu’à cela ne tienne : voici une image qui vous réconciliera avec ces termes abscons de l’histoire de la peinture, qui ont fleuri depuis que celle-ci s’est dévoyée du réalisme (pour autant qu’elle ait jamais été réaliste). C’était vers le milieu du XIXe siècle.

Coïncidence ? C’est à cette même époque qu’apparut la photographie, supposée reprendre le flambeau du réalisme (pour autant qu’elle aussi soit réaliste). La peinture a alors prix une voie de traverse, qui l’a menée loin, très loin. Les mouvements et écoles en -isme se sont alors succédé, au grand dam des collégiens et lycéens.

Tout est pourtant si simple, nous dit cette image. Jugez-en. Mais que cela ne vous empêche pas de consulter (aussi) Wikipedia.

Et pour complétez (en musique) votre information, voyez aussi ceci.


Aaah, si j’avais su !

C’était le 19 avril 1964, dans ma chère ville de Liège. J’avais 11 ans. J’étais loin de me douter que Charles Mingus était en ville, accompagné d’Eric Dolphy s’il vous plaît. Il enregistrait dans les studios de la Radiodiffusion Télévision Belge (RTB), au Palais des Congrès.

Aaah, si j’avais su ! Ou plus exactement, si j’étais né plus tôt ! Je n’aurais pas manqué le rendez-vous ! Enfant, je me doutais bien que Liège était une ville de jazz. On susurrait dans la famille à propos du célèbre Festival de Comblain-la-Tour (à seulement 25 kilomètres de chez moi) et un cousin de ma mère était même un fanatique de vieux jazz pre-bebop.

La notion de jazz ne m’était donc pas inconnue. Mais de là à connaître Charles Mingus et Eric Dolphy, il y avait un pas de géant !

Il me reste donc, comme vous, à retrouver ces vieilles bandes sur Youtube, près de 48 ans plus tard. Voici donc Charles Mingus (contrebasse) et son quintet, formé d’Eric Dolphy (saxophone alto), Clifford Jordan (saxophone ténor), Jaki Byard (piano) et Dannie Richmond (batterie).

La pièce ? So Long Eric, composée en l’honneur du prochain départ d’Eric Dolphy, qui devait quitter le groupe a l’issue de la tournée en Europe du printemps 1964. Un titre prémonitoire d’ailleurs, puisque Eric Dolphy succombera à une crise cardiaque moins de trois mois plus tard, le 29 juin 1964 à Berlin. Il avait 36 ans.


Je n’irai pas cracher sur sa tombe

Boris-vian-par-j

On savait que Boris Vian était mort le 23 juin 1959 à Paris, au cinéma Le Petit Marbeuf, lors de la projection privée du film J’irai cracher sur vos tombes, inspiré du roman homonyme qu’il avait écrit en 1946 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan.

On savait aussi qu’il avait eu des démêlés avec le réalisateur du film, Michel Gast, qu’il soupçonnait de vouloir donner une interprétation édulcorée du roman noir. Il avait même publiquement dénoncé le film et demandé de faire enlever son nom du générique. En vain.

En réalité, il ne vit du film que le générique et les premières scènes. La projection venait de commencer depuis dix minutes à peine lorsqu’il fut victime d’un arrêt cardiaque. Il mourut avant d’arriver à l’hôpital.

Voici donc ce qu’il vit, le générique :

Et ce qu’il ne vit pas, une scène située au cœur du film:

À la vue de ces images, on comprend les réserves exprimées par Boris Vian à l’égard de la réalisation du film. Rien de plus éloigné du roman noir aux accents crus et érotiques de Sullivan/Vian que ce mélodrame sirupeux qui semble issu des salons parisiens plutôt que de l’Amérique profonde.

On mourrait pour moins que ça.


La démocratie

Toctoc_la_democratie

Là, comme ça, à froid, sans commentaires…


Les surdoués du piano jazz

Art Tatum et Oscar Peterson sont sans doute les deux pianistes les plus doués de l’histoire du jazz (je ne dis pas les plus créatifs, je dis les plus doués). Cette courte vidéo, qui présente au passage de très rares images d’Art Tatum, permet de les comparer et de les apprécier.

Et qui sont ces deux personnages qui se trouvent aux commentaires ? Rien de moins que Ray Charles et Clint Eastwood. Ce dernier, grand amateur de jazz et pianiste lui-même, a réalisé en 2003 un documentaire intitulé Piano Bluesdont cette vidéo est un extrait. À propos d’Art Tatum, Ray Charles déclare notamment : « Le piano a quatre-vingt huit touches et il n’a que dix doigts. Mais il le faisait sonner comme s’ils étaient deux à jouer. »


Irrévérences en fumée

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Je ne fume pas. Je suis plutôt anti-tabac. Mais cette galerie de photos me réjouit par son irrévérence. Elle est le fait de Frieke Janssens, une jeune photographe belge.

À l’heure où les interdictions de fumer, de plus en plus généralisées, obligent à fumer en cachette, l’esthétique du fumage de cigarette a un aspect presque rétro, qui nous ramène aux vieux films américains des années 30 à 60. C’est ce que nous montre avec un gros clin d’œil cette série, un petit côté provocateur en plus : ce sont des enfants qui sont en action. Faut-il ajouter que les images ont provoqué une vive polémique, certains esprits chagrins considérant que ces photos esthétisantes constituaient une véritable incitation au tabagisme.

Rassurons les âmes sensibles : l’artiste n’a pas mis de vraies cigarettes dans les mains de ces enfants. Ce sont des bouts de craies et des bâtons de fromage qui ont été utilisés. Et ce sont des bougies et de l’encens qui ont fourni la nécessaire fumée.

Voici une vidéo du making off de la galerie, avec un prime un gros bébé indonésien qui fume, lui, des vraies cigarettes : c’est en voyant ce mini-reportage publié sur Youtube que Frieke Janssens a trouvé son inspiration pour réaliser la série.


Le chat de Julio Cortázar s’appelait Theodor W. Adorno

Gato_cortazar

Le chat de l’écrivain argentin Julio Cortázar s’appelait Theodor W. Adorno, allez savoir pourquoi. Il n’était pas allemand, mais français. À dire vrai, il n’appartenait pas tout à fait à l’écrivain. C’était plutôt un chat de gouttière, “noir et canaille”, qui aterrit un jour dans la vie de Julio Cortázar, à sa résidence d’été de Saignon, en Provence.

Le plus étonnant, c’est que Theodor W. Adorno réapparaissait dans la demeure des Cortázar chaque fois que que ces derniers revenaient à Saignon après une longue absence. Tout au moins jusqu’à ce jour où le chat ne se présenta plus. Julio Cortazar eut beau le croiser quelque temps plus tard dans le village, Theodor W. Adorno ignora complètement celui qui lui avait donné un nom si étonnant…

Cette anecdote appartient au livre Perros, gatos y lemures. Los escritores y sus animales [Chiens, chats et lémurs. Les écrivains et leurs animaux], publié récemment par l’éditeur espagnol Errata Naturae. Il est aussi question dans cet ouvrage de Lord Byron et de son chien Boatswain, enterré dans une tombe sur laquelle figure une très belle épitaphe, adieu poétique de son maître; Cyril Connolly et ses nombreux lémurs; ou encore Virginia Woolf, ses chiens et son minuscule singe de l’Amazonie. On y apprend aussi que Truman Capote envoyait des lettres et des colis contenant des os à son vilain mais adorable bouledogue Charlie !

Le livre nous présente la vie des grands auteurs vue à la hauteur de leurs animaux de compagnie, en quelque sorte. Amusant et souvent révélateur.


Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 325 followers